mardi 1 novembre 2016

13 - BENE

13-Béné
WTF ?

N26«Ce soir j’vais m’balader, j’vais m’rouler un pookie»

Une référence à Onizuka, dans le manga GTO. Onizuka se balade la nuit, faisant le tour de la ville en moto. Comment ça tiré par les cheveux, lisez la suite…




N7 «Onizuka-byle, le N’DA dès ma putain de pisse»

POLALALA celle là j’ai du la réecouter plusieurs fois pour la comprendre, au milieu de cette mascarade qu’est ce son, j’avais pas écouté attentivement. Ici, NOS confirme la référence à Onizuka, en le nommant directement. Il s’identifie à lui, dans une version kabyle. Il est très rare que les deux frères fassent mention de leurs origines. On sait donc maintenant qu’ils sont kabyles et fier de cette origine. Fierté qu’il exprime par l’expression N’DA qui veut dire « frais » entre guillemet, ça veut juste dire N’DA en fait. Si vous doutez de la pertinence de cette analyse, la citation suivante met également en avant leurs origines, apparement le morceau s’y prêtant.

N23 «Algérie Corsica, rappelle nous dans 10K»

Nés d’un père corse et d’une mère kabyle.
L'inspi des canines à Papa

14 - URANUS

Une ambiance spatiale, l’ascension vers le zénith. Des comparaisons tout de même intéressantes.


N24 «J’mattache pas à mes ailes, j’fight comme fils de taulard. J’attends le cœur ouvert pour sentiments en retard»

NOS ne s’attache pas à cette vie, le succès étant matérialisé par l’image des ailes. Ce n’est pas la première fois, comme dans Mira ou NOS a recompté jusqu’à s’en brûler les ailes. Après on peut aller chercher plus loin dans la symbolique mais libre à chacun. A la fin de la première partie « j’mattache pas à mes ailes », on entend un bruitage en fond qui souffle brièvement. Cela signifie que le succès est éphémère, et qu’il peut disparaître, soufflé en un instant.

N25 «La lune ne sera pas toujours pleine, mon cœur ne sera pas toujours vide»
Dans sa métaphore au succès, il est étonnant que NOS parle positivement d’une lune pleine. Comme on a pu le voir précédemment, il est attiré par le côté sombre. La lune pleine représente ce qui est normalement représenté par un soleil plein. Son cœur est lui toujours vide, malgré le succès. L’accent est mis sur la dualité et la recherche de la définition du bonheur pour NOS, encore une fois.

AD25«J’t’abime ma bimb(o), j’dois t’oublier. J’suis le djin de mon djin, j’suis bousillé. J’crache tous mes sentiments sous le rocher»

Impossible d’aimer une femme, Ademo se compare au djin venant hanter le djin venant hanter Ademo… Tellement sale. Il ne montre aucun sentiment, ne laisse rien transparaître. Il cache son vrai ressenti (sous le rocher) et ne laisse rien transparaître.

AD26«Perdu sur la Terre, 1000 œufs sous la paire»

Perdu sur Terre Ademo ne sait pas se comporter au milieu des autres. Il ne trouve pas sa place, malgré son succès. Il se sent différent. Il a l’impression de naviguer dans la brume, de marcher sur des œufs. Et non, ce n’est pas 1000€ sous sa paire de chaussure, ça n’aurait aucun sens. Gardons ça en tête, les 1000 œufs vont revenir ;)

AD27«Chez moi le maire est le nerf de la guerre. NDA comme mon sourire à l’envers»

La mention au maire fait suite à l’utilisation du mot « paire » à la phrase précédente. On y voit alors une répétition de mots ayant attrait au champ lexical de la famille (père, mère). Le maire est le nerf de la guerre dans la mesure où à Corbeil, il est responsable de fermer les yeux sur certains traffics. Le but est alors de le soudoyer, ou mieux de le menacer afin qu’il flippe sa mère.  Dans le refrain NOS dit « Comme Baba, j’veux qu’ils nous craignent ». Le père, on sait qu’il a été bandit, et peut-être a-t-il fait du business avec le maire ? Ca fait un peu léger comme arguments pour sauter sur cette conclusion… Et bien analysons la deuxième partie de la séquence « NDA comme mon sourire à l’envers ».  Pourquoi le sourire d’Ademo serait-il NDA, rien de spécial là dedans. En fait, en ajoutant une virgule « NDA, comme mon sourire, à l’envers », cela prend tout ce sens. Allez-y lisez NDA à l’envers ? ADN, sachant que le sourire à l’envers fait partie de l’ADN d’Ademo, animé par un pessimisme permanent. Il a hérité de cela de son père, auquel il est fait mention au cours du morceau. Donc l’utilisation du mot « paire » la mention du « maire » et de l’ADN pourrait laisser penser que le père d’Ademo et NOS aurait participé à des traffics mêlant le maire.


AD28«Le monde est dar, j’lai dans le viseur. Frérot, Frérot, rien d’alarmant, tant que les miens sont peace»


Cette phrase est énoncée avec une voix complètement modifiée, une vois d’extra-terrestre. Ademo depuis l’espace songe à détruire la terre, tel Freezer. NOS tente de le mettre en garde, lui rappelant les precepts de QLF. Ademo le rassure, rien d’alarmant, tant que la famille est peace. Pour eux, il n’y a rien à sauver sur Terre, à part leur famille. Chaud.


15 - ONIZUKA

Le meilleur son de l’album pour moi, surtout pour les effets sonores. Pour ceux qui connaissent le manga GTO, rien que la référence à Onizuka provoque un « Lourd » immédiat. Le son commence par un sample d’une allumette cramée, prise directement dans l’anime associé. Série des années 90, les deux frères semblent apprécier Onizuka, auquel il est déjà fait mention dans le titre Béné. Pour faire simple, Onizuka est un ancien membre de gang, reconverti en prof. Rien à voir, mais un thug au lycée, c’est marrant. Et ouais aussi, Onizuka a 22 ans mais il saute sur tout ce qui bouge, majeures ou non, un vrai prédateur, un loup en chasse.  Il aime bien traîner la nuit, en moto ou clope au bec, solitaire.



N26 «J’fais les ronds, J’fais les ronds, J’fais les rondes, le monde»

Première phrase, ça commence. Les effets de vocoder transforments les ronds en rondes. Dans un premier temps, NOS fait de l’argent. Ensuite, comme Onizuka, il fait des rondes la nuit dans sa ville. Onizuka le fait en moto, mais NOS peut le faire à pied. En tout cas, ils cogitent. Onizuka et NOS sont tous deux attirés par la nuit, par la Lune (cf. Mira et autres références à la lune) et sa symbolique du mal, de la tristesse, par rapport au soleil à la symbolique positive. Notons que NOS lui inverse totalement cette hiérarchisation, le soleil lui brûlant les ailes et la lune étant pleine au zénith de son succès.



 N27 «J’voulais juste graiiiiiiiiiiilller»

Derrière on entend la vibration d’un téléphone. Un Yencli qui appelle pour se faire visser. Indirectement NOS dit qu’il a dealé, mais c’était uniquement pour nourrir la mif, et lui-même grailler. En fait la vibration du téléphone est simulée par le changement de fréquence du mot « juste ». Dans ce morceau, il y a beaucoup de procédés musicaux uniques qui donnent un résultat surprenant. Ceci en est un exemple.

N28 «J’pense à demain du soir au matin. J’ai cru apercevoir le dest ---- tin »

Ici, deux choses. Tout d’abord, à l’endroit des --- on entend un vide puis une basse 808 résonner. Ici encore, un procédé musical unique qui donne un résultat très fort, très profond. La voix de NOS, plus que celle d’Ademo est soumise à des effets de vocoder, ce qui permet de laisser un temps vide sans casser le rythme de la chanson. Je m’expllque, le vocoder c’est 3 effets de voix complémentaires, qui donnent cet effet, en bref que des maths. En 1, le compresseur, qui donne plus d’accroche aux débuts de phrase, c’est pas ce qui nous intéresse ici. En 2, la correction du pitch, qui permet d’ajuster la fréquence de la voix, à une note prédéfinie. C’est ce qui donne l’effet connu, la voix plus aigüe. En 3, ce qui nous intéresse, la réverbération et l’échos. Les échos des fins de phrase sont répétés, sur une piste séparée, qui est cadencée au même bpm que l’instrumental. Ici, la piste de l’écho a été réenregistrée, pour laisser un blanc, sur lequel a été ajouter une basse. Ensuite, NOS a enregistré uniquement le « tin » qui a été joué à la place de l’écho. Les temps réservés à l’écho ont été utilisés pour produire un « écho 2.0 ». En plus de ça, viennent s’ajouter les « backs », sur lesquels les 2 frères aiment également jouer. Nous verrons que ce procédé a été utilisé dans d’autres morceaux, et que cela donne du sens aux paroles.
Deuxième chose, « du soir au matin » est la déformation de l’expression commune « du matin au soir ». Dans cette figure de style (qui a priori ne porte pas de nom), l’inversion d’une expression existante donne un sens négatif à une base à priori neutre. NOS pense à demain du soir au matin, soit toute la nuit, n’ayant pour la peine pas sommeil, ne faisant que cogiter à son avenir incertain. Encore une fois, un message très fort, bien que très sombre. NOS se compare à Onizuka, qui, lui aussi peine à trouver le sommeil, traînant toute la nuit dans les rues de sa ville.



N29 «Et Zut ! La vie est bonne, bonne à niquer (KEN, KEN) »

Après avoir entendu la citation précédente et les effets sonores, je me suis mis à écouter les échos et les backs. C’est là que j’ai entendu derrière cette phrase, la piste reservée à l’écho a été enregistrée avec un back qui dit KEN KEN. Ici NOS joue sur la sonorité du mot ken (verlan de niquer) qui sonne comme la fin de niquer soit –quer. A la première écoute, cela passe pour la répétition de la même syllabe, mais NON. Donc en partant d’un son proche, il nous énonce un mot différent, mais ayant le même sens. Moi je trouve ça lourd. Hassoul à vous de juger.

N30 «Ouais j’tai jamais vraiment aimée, on s’est jamais vraiment quittés. Grattes pas l’amitié, Man on sait pas vraiment qui t’es »

Pas d’amour. QLF ne cherche pas d’alliés. En l’écrivant on voit que les deux fins de phrase se prononcent pareil mais s’écrivent différemment.

N31 «P’tit frère n’a pas de cran, prince de la ville. J’mécarte du bâtiment, j’en oublie le taro du kill»

Ne pas avoir de cran signifie ne pas avoir de limite. NOS parle d’un jeune, lui-même, à fort potentiel, le cran de sécurité, de sûreté ou d’arrêt étant absent. Rien ne peut arrêter l’ascension de celui qu’on appelle petit frère dans la cité. Cela dit… Au fur et à mesure de son ascension, NOS s’écarte du quartier, du bat, il en oublie le taro du kill. Cette image, le taro du kill, est chère aux 2 frères. C’est comme si finalement, ces kilos de shit étaient ce qui les avait sauvés lorsqu’ils crevaient la dalle, et donc ils respectent le traffic comme si c’était une chose salvatrice. A cette époque, suivre le cours du kilo de shit faisait partie de son quotidien (oui oui on y reviendra plus tard). Ne plus connaître le tarif d’un kilo de shit est donc bien, maintenant que la bicrave n’est plus nécessaire, un signe pour NOS, un signal d’alarme lui rappelant de revenir aux sources, de ne pas oublier d’où il vient. De même, une autre image ayant le même objectif, le respect du parcours accompli, est la ceinture qui se desserre. Similairement, la ceinture qui se desserre reflète la valeur d’un kilo, là où la vie dans le bâtiment fais maigrir, du fait du frigo vide et des soucis liés aux activités illicites. Dans les deux cas, le tarif d’un kilo, c’est important pour NOS.

AD28 «Ouuuuuuuuuu Onizuka»

Onizuka traîne la nuit. Il aime la lune. On le compare à un loup, hurlant à la lune. D’où le cri.


AD29 «J’vois pas d’étoiles à part au tel-ho. Elle l’a plus gros que J-Lo (LOURD)»

Le même procédé que précédemment. L’écho de la fin de J-Lo (Lo) a été remplacé par une piste disant « LOURD ». Cela va nous servir pour la suite. Garder en tête que le boule de J-Lo est lourd ;)

AD30 «La street c’est fou, j’fais l’tour d’la ville – Onizuka »

J’invente pas, les deux frères savent qu’Onizuka fait des rondes la nuit.

AD31 «La vie c’est chelou (vraiment chelou). Solitaires, mais entre nous»

Ademo fait référence aux loups encore une fois. Ceux-ci sont solitaires, d’où l’expression “loup solitaire” mais se déplace également en meute, d’où le « entre nous ».  Ceci peut-être vu comme contradictoire, ce qui ajoute de la confusion à l’esprit d’Ademo, qui trouve vraiment ce monde bizarre.


AD32«Son boule est relou (vraiment relou), les loups se cassent le cou»


On termine avec la dernière phrase de ce son. Alors le boule de la meuf est-il chiant ou vraiment lourd. Et bien pour le comprendre, il faut écouter le back sur le boul de J-Lo. Derrière on entend (LOURD), sens repris ici. Pour preuve, les loups devant ce boule, sorte de pleine lune (mdr) hurlent à s’en casser le cou, en levant leur yeux haut vers le ciel au cours de leur rituel.



16 - JUSQU'AU DERNIER GRAMME

Autant les autres sons, je m’en fous de dire des conneries, autant celui-ci je le respecte trop. Enfin surtout le couplet de NOS. Du coup j’hésite à tirer des phrases de ce son quasi parfait. En fait, sans la phase d’Ademo sur la sonde, il le serait. Tant pis.

AD33 «J’suis à 91000 lieues sous la mer, j’ai 1000 œufs sous la semelle»

Comme dans la précédente mention des 1000 œufs sous la paire, ici Ademo est complètement perdu sous la mer, dans son quartier. C’est la même chose que « Perdu sur la Terre, j’ai 1000 œufs sous la paire ».  Ademo marche sur des œufs, ne trouvant pas sa place, sur un terrain instable.



AD34 «J’ai l’même soucis en fin de semaine»

Ici, Ademo nous dit qu’il a toujours les mêmes problèmes qu’à l’époque de la bicrave. A savoir des problèmes de pénurie. A force d’écouler la marchandise, la fin de semaine vient à manquer de quoi servir les clients. Le son qui représente le mieux ce souci de fin de semaine est bien évidemment « J’vends » de l’album le monde Chico. Aussi, on peut penser à une référence au son Mowgli où Ademo nous dit qu’il ne fait pas la fête le weekend, qu’il parle à Dieu et appuie sur le bouton. D’ailleurs, il appuie sur le bouton ? De la ceinture d’explosif qu’il a autour de la taille ? Ou du talkie walkie dans lequel il parle, essayant en vain de communiquer avec un Dieu qui ne lui répond pas , ne serait-ce par des paroles ou des actes.



AD35 «Y’a pas de cinéma. Pas de temps à donner ou à perdre.»

AH AH AH. Une référence à des lyrics d’Ademo dans Tempête, son de l’album « Le Monde Chico ». Ademo nous dit « J’suis à l’hôtel, pas au resto, pas au ciné ». Rolala, il nous dit qu’il a pas de temps à perdre du sale quoi. Voilà, pas de temps à perdre, pas de temps à donner. Pas de cinéma, on passe aux choses sérieuses direct.



AD31 «La feuille est si belle, plus j’écris, plus j’salive. Fleur de decibel, ma rage les contamine»

Ademo retranscrit sa haine, sa rage dans ses chansons et indirectement sur une feuille de papier, lorsqu’il écrit ses textes. Il salive, en référence à la maladie canine, la vraie rage dont les symptômes sont les chiens qui salivent. Ensuite, en passant du texte à la chanson, la maladie devient auditive, une fleur de décibels, contaminant les auditeurs.
Ademo ne cache pas qu’il ne freine pas la transmission de sa haine aux auditeurs. Les deux frères n’ayant d’ailleurs aucun scrupule à véhiculer telle ou telle image, à assumer leur mode de vie, actuel et passé. Rien à battre.



AD32 «Un million par mois, et là j’ai le bon timing (Hin Hin)»

Le rythme de transmission de la rage au travers des chansons de PNL. Tel un virus se propageant dans un film de zombie, un million par mois semble convenir à Ademo. Du coup il lâche un rire machiavélique.



AD33 «Pas de paix, pas de paix, pas de paix dans le contrat, la haine pour co-piloter»

La haine, toujours la haine. On prend peine, on secoue bien fort en disant « Pas de p, pas de p, pas de p ». On obtient quoi ? Un film de Matthieu Kassovitz. Mais avec qui Ademo a-t-il passé un contrat ?



N32 «Je l’ai mise à nu, elle a volé mon Coeur. Confiance, confiance, plus de mal que de peur»

NOS inverse l’ordre de l’expression proverbiale commune « Plus de mal que de peur », pour lui donner un sens totalement différent, montrant qu’il n’accordera sa confiance à aucune femme. Tellement lourd.



AD34 «J’suis pas net, pas net sah. Pute de planète j’fais du sale. J’vois leur regard me dire à l’aide. Et plus j’monte plus j’ai mal»


L’outro de l’album est enregistrée avec un effet de voix exacerbé, de manière à donner à Ademo une voix quasi extra-terrestre pour mettre en scène sa position spatiale. Il voit la terre d’en haut. Voit le regard des terriens demander à l’aide. Plus il monte, plus il a mal, mais va tout de même détruire la Terre, tah Freezer. C’est la même chose que dans Uranus, lorsqu’il a le monde dans le viseur depuis l’espace. Etant la toute dernière phrase de l’album, cette phrase résume parfaitement bien l’état d’esprit des deux frères et pourrait être utilisée pour décrire la cover de l’album. Ceux qui ont lu jusque là, vous êtes entrés dans la légende.